ELOGE DU MYSTERE
- Charlotte Schwartz

- 30 déc. 2025
- 4 min de lecture
« Oh là, moi je ne crois pas trop en ces trucs là … et je ne crois que ce que je vois ! » me disait un homme que j’accompagnais en thérapie.
Il me racontait qu’un jour, il pensait à sa mère décédée et que juste à ce moment là, le cadre avec sa photo est mystérieusement tombé de la commode pour atterrir à ses pieds. « Je ne sais pas quoi faire de cet évènement … c’est troublant … Dois je croire en Dieu ? En les esprits ? Je suis perdu. »
Et effectivement, si on se place du point de vue matérialiste, cartésien, c’est le genre d’évènement qui peut nous faire « buguer ».
Mais si on regarde cela en respirant, d’un point de vue plus vivant, on peut se demander : l’important est-ce l’évènement en lui même ou bien ce que l’on en fait ? L’important est-ce de croire ou bien de créer à partir de ce qui est là ?
Tellement de choses dans nos existences ne s’expliquent pas !
Pourquoi certaines femmes mettent cinq ans à avoir un bébé alors que d’autres sont à peu près systématiquement enceinte des le premier coït ? Pourquoi certaines personnes tombent malades et pas d’autres dans un contexte identique ? Pourquoi certaines phrases créent en nous des émotions et pas d’autres ? …. D’où venons nous ? A quoi bon vivre sur cette planète ? Pourquoi passons nous notre temps à la détruire tout en constatant à quel point nous tenons à nos vies ?
La liste des mystères est infinie …
Les peuples premiers comme les Indiens Kogis, les Guerriers Massai, les Indiens Lakotas et tant d’autres … vivent dès leur naissance en incluant de manière systématique l’existence d’une source de vie mystérieuse dont ils ne perceront jamais le secret et dont il faut même absolument conserver l’aspect insoluble.
C’est comme une limite humaine à ne pas dépasser.
C’est difficile pour nous qui sommes dressés pour contrôler, pour aller toujours plus vite, toujours plus loin, toujours plus haut. Pour nous qui sommes gouvernés par des êtres qui se font croire que la médecine a le devoir de repousser les limites de la maladie et de la mort, qui pensent que nous pourront nous nourrir sans eau, sans terre et sans air et qu’il est préférable de donner tout cela aux machines.
Considérer le mystère et le pouvoir de ce qui ne se voit pas est une posture contraire à celle qui est majoritairement prônée. Il s’agit d’accepter notre place d’humain et de mener nos existences à l’intérieur de certaines limites.
D’ailleurs, on se rend enfin compte que l’équilibre du monde et notre survie dépend du respect de ces limites.
Et respecter ces limites, prendre appui sur ce grand mystère peut devenir tellement reposant !
Les limites obligent à s’arrêter. A rencontrer quelque chose sur lequel on peut s’asseoir ou s’adosser et se dire : « Ah ! Voilà, je ne peux pas faire plus, j’ai fait le max. Je peux me reposer l’esprit tranquille. » (Qui peut se dire cela aujourd’hui ?)
Le fait de reconnaitre qu’effectivement il y a quelque chose de mystérieux qui régit l’ordre du monde permet de rêver, de se reconnecter à la magie … L’enfant en nous peut à nouveau s’émerveiller : « Que c’est beau les étoiles ! Par quel miracle forment-elles toujours les même dessins dans le ciel ? »
Croire que tout dépend de nous et que nous pouvons toujours faire plus et mieux nous fait porter une pression terrible et une responsabilité insoutenable.
Notre propension à vouloir tout comprendre nous a peut être bien sauvé la vie à maintes reprises car nous avons pu construire des outils, des objets pour nous défendre, pour nous protéger en tant qu’espèce assez vulnérable. Mais aujourd’hui, ne sommes nous pas allés un peu trop loin ?
Au point de ne plus supporter une once d’inconnu ou d’imprévu dans nos vie, au point de prendre le pouvoir sur le vivant et de le détourner pour en faire une matière inerte commercialisable. Au point de tout chosifier et de laisser l’efficacité, la rentabilité, la performance prendre le pas sur la beauté, sur l’harmonie, sur la paix, sur les relations….
Il me semble que le mystère c’est bon pour notre santé !
« Eh bien, oui … » me dit finalement cet homme que j’accompagne : « Le lien entre ma mère et moi semble être toujours vivant, même si physiquement elle n’est plus de ce monde. Et si j’ai envie de croire que cette photo tombée à mes pieds est un petit coucou tendre, un gentil petit clin d’oeil … Est ce que cela ferait de moi un fou pour autant ? Est ce que le monde irait beaucoup plus mal ? Ou bien est ce que ce moment serait simplement un pétale de poésie et d’amour venu éclairer ma journée ….? »
En fait … nous avons toujours le choix dans notre manière de recevoir ce que nous donne la vie:
Nous pouvons passer à côté et ne rien recevoir, rester le coeur froid et l’âme bien au sec,
Nous pouvons nous en saisir pour en faire du sens, des données ou du néant aseptisé,
Ou bien, nous pouvons le prendre tel quel, avec grâce et gratitude, des étoiles dans les yeux.
Charlotte Schwartz - imagidanses.fr charlotteschwartz.fr
30.12.2025
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