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LA DANSE LIBRE : MEDECINE ET PRIERE 


 

Je pratique la danse depuis l'âge de 3 ans. J'en ai à la fois souffert, et j'y ai aussi trouvé une de mes plus grandes ressources. Dans cette ambivalence, j'ai mis longtemps à identifier ce qui était bon pour moi à garder de cette pratique et ce dont j'avais besoin de me libérer.

Aujourd'hui, le tri est fait et quelle joie !

En effet, lors des cours de danse, ce n'était pas tant le travail d'assouplissement, ou d'échauffement qui m'était le plus difficile, malgré la douleur parfois et la rigidité des exercices, très rébarbatifs, surtout en danse classique ...

J'y voyais un moyen de voyager dans mon corps, de voir jusqu'où il pouvait aller, ce qu'il y avait à y ressentir, comment il pouvait bouger, jusqu'à quel point, avec de plus en plus de précision, de finesse, de présence . Cela m'intéressait déjà, même avant l'âge de dix ans, même si ce n'était pas du plaisir. C'était intéressant, mais pas très heureux. Cela m'a permis de développer une posture, une conscience de ma colonne vertébrale, une manière de me tenir de l'intérieur avec fermeté et légèreté.

 

 Cependant, l'apprentissage de mouvements et de chorégraphies "par coeur" était pour moi un véritable supplice. Ma mémoire s'y refusait et semblait se rebeller contre ce qu'elle vivant comme imposé. Je me comme un objet, un corps vide d'âme. Je ne parvenais pas à incarner les mouvements des autres, dictés de l'extérieur. Je savais les reproduire mais seulement quand je le sentais, dans l'ordre qui me venait naturellement... Ce n'était même pas une décision ou une volonté de ma part.

Je crois aujourd'hui que cette pratique "technique et rigoureuse" m'a bien sûr apporté beaucoup, elle a peut-être même permis que la danse circule mieux dans mon corps ... ?

 

Mais à cette époque, je me suis mise à perdre totalement confiance en ma mémoire et en mes capacités de danseuses et j'ai fini par abandonner cette voie, au bout d'une petite vingtaine d'années. J'avais besoin d'exploser les cadres imposés et de trouver le mien !


Et c'est avec la découverte de la danse libre que j'ai retrouvé le goût de la danse ! Enfin !!! Je trouvais l'autorisation de laisser mon corps s'exprimer sans attente de résultat, sans rien ni personne qui ne me demande de produire ou de montrer quelque chose de précis. La proposition était juste : "Sois, et laisses-toi être, laisses ton corps s'exprimer selon ce qui l'anime, selon ton âme, en fait !"

 

Progressivement, la danse est devenue pour moi une voie de retrouvaille avec mon âme, ma nature profonde, ma spontanéité, ma joie. Des mouvements libres qui n'ont pas pour but d'être vus, ni d'être beaux. Juste juste l'âme qui s'incarne dans un corps vivant qui s'explore, s'écoute, se respecte, se laisse traverser par la vie.

En cela c'est un soin. Un soin dans lequel le danseur devient dansé, pétri, massé de l'intérieur par le mouvement naturel qui s'écoule quand on le laisse faire.

Il est possible de transformer des états de souffrance, de colère, d'angoisse, de figement, de tension par la danse libre. Il est possible de revenir profondément à soi, à ses besoins, à ses contours, à ses limites, à ses priorités. Il est possible de reprendre des forces, de se souvenir de qui on est. En cela, c'est une véritable médecine de l'âme, de l'esprit et du coeur. Et c'est aussi un soin du corps qui peut lui aussi se sentir enfin écouté, se dénouer, se relaxer, trouver sa puissance, sa beauté à travers le mouvement.

 

La danse est aussi devenue pour moi une manière de prier, de prendre soin de mon âme et de celle du monde. Une possibilité de se relier à ce qui nous dépasse en tant qu'humain et à le laisser agir en soi. Les mouvements qui nous traversent sont inspirants, évocateurs d'images, d'émotions, et peuvent générer un état de grâce et de profonde sérénité. La danse est un magnifique support pour rêver et incarner ses rêves...


C'est pour cela qu'il m'a semblé pertinent de l'associer parfois à l'écriture et au contact avec les éléments de la nature.

 

Dans ma démarche toujours portée par l'écopsychologie et le lien au vivant, la danse revient en force comme un élément clé de guérison et de reliance.



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